Le taux de chômage par tranche d’âge chez la population active

La crise économique a eu des répercussions sur le marché du travail. En 2009, tous les secteurs d’activité sont touchés de plein fouet par les difficultés financières. De nombreuses entreprises ont été contraintes de mettre leur clé sous la porte. L’industrie, recensant près de ¼ de la population active, a été la plus affectée par la faillite. Près de 248 000 salariés ont perdu leur emploi d’après les données de l’INSEE. C’est l’une des situations la plus désastreuse depuis l’après-guerre révèle les spécialistes. Cette situation a engendré une forte hausse de la précarité de l’emploi sur tout le territoire. En 10 ans, le taux de chômage stagne autour de 9 %, frôlant même la barre de 10 % en 2013. Toutes les tranches d’âge sont touchées par l’inactivité. Voici le bilan.

15 – 24 ans : une vulnérabilité face au chômage

En France, les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus touchés par le chômage. Après la crise économique de 2008, le taux de chômage est passé de 18 à 23 %, soit un rebond de 5 % en une période d’un an. La situation ne s’est pas améliorée depuis une décennie, malgré la reprise des activités de plusieurs entreprises. Entre 2008 à 2018 : une même tendance a été enregistrée : le taux de chômage des jeunes tourne autour de 22 %.

En 2017, la situation commence à s’améliorer bien que les changements ne sont pas encore palpables. Le taux de chômage des jeunes a connu une baisse de 2 % (22,6 % contre 24 %) par rapport en 2016 d’après les statistiques du Bureau International du Travail (BIT). En décembre 2017, on compte près de 620 000 jeunes en chômage sur tout le territoire, soit 30 000 personnes de moins qu’en 2016.

Les données émanant du Pôle Emploi révèlent que les hommes sont fortement représentés dans la liste des demandeurs d’emploi. On constate aussi que les immigrés viennent grossir le rang des chômeurs en France. En 2016, 17 % d’entre eux sont à la recherche d’emploi d’après toujours les chiffres provenant du Pôle Emploi.

Par rapport aux autres pays de l’Union Européenne, la France compte parmi les Etats où le taux de chômage est élevé. Elle est devancée par la République Tchèque, l’Allemagne et les Pays-Bas. Pour ces pays, moins de 10 % de la population active sont sans emploi.

Si les jeunes Français ont du mal à s’intégrer dans le monde du travail, c’est principalement à cause de leur manque qualification. Peu d’établissements professionnels proposent actuellement de formation pour les non-diplômés. L’insuffisance de l’accompagnement des demandeurs d’emploi est également l’une des raisons qui contribuent à la hausse du taux de chômage chez les 15-24 ans.

25 – 49 ans : une stabilité de l’emploi

On constate que le taux de chômage est moins flagrant chez les 25 à 49 ans. Seuls 8,8 % d’entre eux sont considérés comme «  sans emploi » si l’on de réfère aux données de l’INSEE. Ce taux a connu une légère baisse de 1,2 % par rapport en 2017. Entre janvier à mars 2018, le nombre des chômeurs est passé de 2 084 100 à 2 059 700, soit moins de 30 000 personnes en situation de précarité professionnelle.

Les individus qui sont dans la catégorie A, en d’autres termes, ceux qui sont en inactivité, mais aussi ceux qui n’ont pas signé de contrat à durée indéterminé (cas des salariés intérimaires), sont comptabilisés dans l’effectif des personnes sans emploi.

Mais, si l’on considère uniquement le chômage de longue durée, regroupant les personnes ressources financières pendant des mois ou des années, le taux de chômage est de l’ordre de 4,2 %. Ce chiffre explique que les personnes actives catégorisées dans la tranche d’âge de 25 à 49 ans passent moins de temps en situation de chômage.

De même que les plus jeunes, cette classe d’âge n’a pas été épargnée par la crise économique de 2008. Entre 2008 à 2011, le taux de chômage de longue durée est passé de 2,9 % à 4 %, puis s’est stagné entre 4 à 4,5 % avant de redescendre à 4,2 % en décembre 2017.

Dans cette tranche d’âge, l’on constate aussi que les hommes arrivent facilement à trouver du travail par rapport aux femmes. Cette situation s’explique en général par la demande de main d’œuvre dans le domaine de l’industrie, les secteurs d’activité qui emploient près de 19 % des salariés Français.

Plus de 50 ans : une situation précaire

L’accès à l’emploi est de plus en plus difficile pour les personnes qui approchent l’âge de la retraite. A l’instar des 15 – 24 ans, les personnes âgées sont confrontées à la précarité de l’emploi. Depuis la crise économique de 2008, la situation ne cesse d’empirer. L’effectif des séniors à la recherche d’emploi a augmenté de 182 %. Aujourd’hui, le nombre des plus de 50 ans qui sont en chômage a largement dépassé les 900 000 personnes.

En 2016, la tendance vers la hausse se poursuit. Le taux de chômage chez les plus de 50 ans a connu une énième augmentation de 2,2 % d’après les données de l’INSEE. Pour cette tranche d’âge, les femmes sont particulièrement touchées par le chômage. Elles représentent 28 % des demandeurs d’emploi.

Les études révèlent aussi que le chômage de longue durée est plus fréquent chez les séniors. Seuls 13 % des personnes âgées actives arrivent à trouver un emploi pendant une période de 3 mois, le reste quant à lui, doit s’impatienter pendant plusieurs mois avant de décrocher un contrat de travail. D’après Pôle Emploi, un sénior est en moyenne inscrit dans la liste des demandeurs d’emploi pendant près de 400 jours, soit plus d’un an alors que pour les jeunes, le délai d’attente n’excède pas les 6 mois.

Lorsqu’une opportunité se présente, on constate que les personnes âgées subissent des discriminations par rapport à la population active d’une autre tranche d’âge. 22 % des 50 – 64 ans sont catégoriquement sous-employés ou perçoivent un salaire nettement inférieur que ceux des autres tranches d’âge. La réinsertion des personnes qui sont parties en chômage technique ou celles qui ont été licenciées à la suite de la fermeture de leur entreprise est de plus en plus difficile

Si les séniors n’arrivent pas à trouver la place dans le marché de l’emploi, c’est à cause du choix des employeurs. Ces derniers sont plus intéressés par le profil des personnes plus jeunes.

Plus de 3 millions de chômeurs sont aujourd’hui recensés sur le territoire hexagonal. A cause de leur manque d’expérience, beaucoup de jeunes sont sans emploi. Les personnes âgées, elles, sont aussi mises de côté alors qu’elles doivent rester dans le marché du travail jusqu’à 62 ans. En France, seuls les 25 – 49 ans arrivent à surmonter la période de chômage. Mais, même pour cette tranche d’âge, la situation est totalement différente pour les deux sexes. Les offres d’emploi destinées aux hommes sont plus nombreuses à la suite de la reprise des secteurs du BTP et de l’industrie. Pour l’heure, le taux de chômage est de 9 % sur tout le territoire. L’Etat mettra en place une nouvelle politique pour réduire ce taux à moins de 7 %.

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